Les Anges du boulevard

1937, Shanghai
dimanche 5 septembre 2010

Scénario et réalisation : YUAN Mu Zhi
chef-opérateur : WU Yinxian
Avec : ZHOU Xuan, ZHAO Dan, WANG Jiting,
1937 / 74 mn / VO sous-titre français

Shanghai, automne 1935. Xiao Hong et sa sœur Xiao Yun habitent dans les bas-fonds de Shanghai, après leur fuite face à l’invasion japonaise. Yun, battue par sa marâtre proxénète et subissant les préjugés méprisants de CHEN Xiao Ping, se prostitue pour leur survie ; Hong, toute jeune femme espiègle aimée de son voisin trompettiste Xiao Ping, vit de ses chants, jusqu’au jour où son tuteur musicien tente de la vendre à un malfaiteur concupiscent. Xiao Hong, rétive en réaction à ses nombreuses disputes avec Xiao Ping, se laisse finalement persuadée de fuir en compagnie de celui-ci et son armée , le colporteur Lao WANG, un coiffeur, Aping le vendeur de fruits, un chômeur bègue. Hélas, les malfaiteurs poursuivent et retrouvent les deux sœurs… Le père trouve l’adresse des fugitifs et poignarde sa fille , ex-concubine, qui mourra sans soins : Lao WANG, épris de Yun, cherchera à la sauver et reviendra bredouille. La prostituée expire entre les bras de Xiao Ping, pensant à son mépris, le film montrant plusieurs flash-backs en surimpression…

Ce classique propulsa la carrière cinématographique de ZHOU Xuan, qui y interprète deux titres mythiques : Tian Ya Ge Nü, 天涯歌女que nous traduirons poétiquement par La Chanteuse des confins du ciel, et Si Ji Ge, La Chanson des quatre saisons.
Notre œuvre bénéficie assurément d’une superbe interprétation. Pas indifférent que Xiao Hong se révéla l’un des anciens vrais noms de ZHOU Xuan, aux origines indéterminées. Contemplons la beauté de la débutante à l’écran ZHAO Huishen, éclatante lorsque son tuteur la moleste. ZHAO Dan et WEI Heling, deux vedettes, continuèrent de jouer sous la RPC. Au demeurant, ZHAO Dan, né ZHAO Feng’ao en 1915 dans la si belle Yangzhou au Jiangsu, décédé en 1980, obtint en 1957 la distinction de meilleur acteur de cinéma pour la période 1949-1955 à la faveur en particulier de sa prestation aux Corbeaux et moineaux de 1949. On le vit en 1934 : Destin de femmes.
Conjointement aux comédiens, Shanghai s’érige également en protagoniste à part entière. Thématiquement, le film pratique fréquemment le symbolisme. En rapport avec les liens directs unissant des films de ZHOU Xuan et la littérature, la symbolique associe celle-ci et le septième art. L’une des scènes emblématiques concerne l’effeuillage-défloraison de la rose blanche que M. KOU empoigne, après le sourire naïf de fillette adressé par Xiao Hong à ce généreux truand…
Au total, Les Anges du boulevard réunissent des éléments fort divers, qu’il convient de ne pas caricaturer en interprétation univoque : comédie, film d’amour, film musical , tragédie paroxystique, réalisme social. Le comique de répétition entrecoupera constamment l’intrigue. Une charmante liberté de ton caractérise l’œuvre, se discerne par les différences des genres auxquels le film peut appartenir, à la hauteur du charme émanant de ZHOU Xuan…

Les Anges du boulevard

Plutôt que de prétendre que le montage chinois n’existerait pas, l’analyste constate son art consommé. Les spectateurs ne doivent absolument pas manquer le générique plus que générique, véritables exposé des motifs cinématographiques et incarnation du personnage d’une Shanghai verticalisante : abondants mouvements liminaires de contre-plongée, particulièrement sur une emblématique tour. Conjointement au travail du monteur QIAN Xiaozhang, l’œuvre pratique ce que nous baptisons l’art du cadrage…
L’humour et la dramatisation n’interdisent pas à une sociologie de témoigner. Lorsque le patron coiffeur de l’histoire s’aperçoit qu’on repeint la signalétique de la rue de la Résidence de la tranquillité, il s’écrie que les loyers vont encore augmenter. Indubitablement, enseignement pérenne des finances (publiques) : la population subit le coût des dépenses (publiques)…
YUAN Mu Zhi, né YUAN Jialai en 1909 et décédé en 1978, acteur de théâtre à succès à Shanghai, surnommé l’homme aux mille visages , intégra en 1934 le Studio de cinéma Diantong. Puis, ce scénariste-réalisateur-comédien rejoignit la célèbre Mingxing, où il écrivit et dirigea Les Anges… En 1946, il fonda et dirigea le Studio de cinéma Dongbei – du Nord-Est – qui devint le premier studio étatique de RPC. En 1949, YUAN Mu Zhi quitta celui-ci et dirigea le Bureau central du cinéma au ministère de la culture.

Les Anges du boulevard


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