Fleur Pellerin

Ministre de la Culture et de la Communication
samedi 28 mars 2015 par Emmanuel Severi

Le 11 août 1886, les Chinois découvraient à Shanghai, un an après les premiers films des frères Lumière, ce théâtre d’ombres occidental qu’était le cinéma, à l’initiative d’entrepreneurs français, dans la maison de thé You Yicun de Xuyuan. Plus de cent ans plus tard, l’industrie cinématographique chinoise est l’une des plus importantes au monde avec l’Inde, les États-Unis et la France.

Dès les années 1920 -1940, le cinéma chinois produit des chefs d’œuvres que d’aucuns considèrent comme à l’avant-garde du néo-réalisme italien des années 40-50. C’est de cette époque que datent les voyages en Chine de Charlie Chaplin, Douglas Fairbanks et Mary Pickford. A partir des années 1980, au lendemain de la Révolution culturelle, une nouvelle génération de cinéastes débarrasse les personnages du poids de la collectivité pour laisser apparaître un être qui sent, qui doute, qui porte un regard intelligent sur lui-même : l’individu. Wu Tianming qui vient de nous quitter fut le grand instigateur de ce renouveau.

Cette 9ème édition du Festival du cinéma chinois de Paris lui rend hommage et permet d’honorer la mémoire de celui qui signa La Rivière sans balises, La Vie ou encore Le Roi des masques, et qui participa, en tant que producteur, à inscrire le cinéma chinois dans une orbite internationale, avec des œuvres comme Le roi des enfants de Chen Kaige, L’incident du canon noir de Jianxin Huang ou encore Sorgho rouge de Zhang Yimou.

Avec Dominique Blanc et Jean-Jacques Annaud, qui vient d’achever le tournage de son Totem du loup, en coproduction avec la Chine, en parrain et marraine de l’édition, c’est la coopération culturelle entre nos deux pays qui est mise à l’honneur.

Au-delà du « poids de l’évidence et de la raison » dont parlait le Général de Gaulle il y a 50 ans en fondant l’amitié diplomatique franco-chinoise, le cinéma est depuis les accords de coproductions signés en 2010, un atout majeur du rapprochement culturel et économique entre nos deux pays.
La France est un partenaire de l’industrie cinématographique de la Chine puisque, outre l’accord de coproduction qui encourage les films binationaux, l’aide aux Cinémas du monde du Centre national du cinéma (CNC) accompagne les visions des cinéastes de l’empire du Milieu. Les Français et les Chinois s’ouvrent mutuellement les uns aux autres, et apportent au 7ème art des œuvres communes - je pense au Promeneur d’oiseau de Philippe Muyl, illustrant, si on l’avait oublié, le lien historique qui unit nos deux cinémas depuis la fin du XIXème siècle.

Je félicite toute l’équipe du festival qui œuvre avec énergie et finesse à ce « pont en images » entre nos deux cultures.


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