2 - Hommage à Sun Yu

Rétrospective sur le cinéma de Shanghai des années 30
samedi 23 juin 2012

De son vrai nom Sun Chengyu, il est né à Chongqing. Après des études littéraires à Tianjin, puis à l’université Qinghua de Pékin, il obtient en 1923 une bourse d’études pour les États-Unis. D’abord étudiant à l’université du Wisconsin en littérature et théâtre, puis a l’école de cinéma de New York où il apprend la technique (prise de vues, développement, montage) et obtient un diplôme de réalisateur. En même temps, il suit un cours d’art dramatique à l’université Columbia. De retour en Chine en 1926, il cherche du travail dans les studios de Shanghai, mais ce n’est qu’en 1928 qu’il réussit à se faire engager comme réalisateur par la compagnie Changcheng.

Au cours de sa carrière de cinéaste, il a écrit vingt-cinq scénarios (dont huit qui n’ont jamais été réalisés) et a mis en scène vingt films dont plus de la moitié en dix années, entre 1928 et 1937. Mais si Sun Yu est si important c’est surtout parce qu’il a élevé le cinéma chinois, jusque-là souvent cantonné dans des productions de type commercial sans grande ambition culturelle, à un véritable niveau artistique. Ses deux films Rêve de printemps dans l’antique capitale (1930) et Herbes folles et fleurs sauvages (1930) sont une véritable révélation pour le public de l’époque et orientent définitivement le cinéma chinois dans une nouvelle voie. Pour la première fois, l’intelligentsia apprécie des films chinois, jusqu’alors considérés par les intellectuels comme très inférieurs aux films occidentaux.

En 1931, Sun Yu écrit le scénario de L’Esprit de la liberté d’après l’histoire des soixante-douze martyrs de Canton. En 1932, il écrit et met en scène Du sang sur le volcan, L’Aube et La Rose sauvage. En 1933, un chef-d’œuvre, Le Petit Jouet. En 1934, La Reine du sport, une comédie, et surtout La Route, film sonorisé, une œuvre marquante dont les chansons de Nie Er sont restées célèbres. En 1936, un film parlant, Retour à la nature, adapté librement de la pièce de James Barrie Admirable Crichton et en 1937 le septième sketch du film Symphonie de la Lianhua et Le Printemps parmi les hommes.

Lorsque éclate la guerre en 1937, Sun Yu rejoint le "mouvement pour la sauvegarde de la patrie" et quitte Shanghai. A Wuhan puis Chongqing, il réalise Le Ciel immense (1940), Le baptême du feu (1940). Après la victoire de 1945, il tombe gravement malade et c’est seulement à la veille de la libération qu’il entreprend un nouveau film, La Vie de Wu Xun (décembre 1950) en deux parties dont Zhao Dan est la vedette. Dès sa sortie, le film fait sensation et les journalistes le couvent d’éloges, mais à partir de mars 1951 le ton change, les critiques se font nombreuses jusqu’à un éditorial du Quotidien du peuple, le 20 mai 1951, qui condamne très violemment « l’idéologie réactionnaire » de l’œuvre. Plus tard, on apprendra que l’auteur de l’article n’est autre que le président Mao lui-même. Aujourd’hui le film a été réhabilité. Pour Sun Yu les conséquences sont terribles. La carrière de ce metteur en scène exceptionnel semble définitivement brisée. Sa situation s’améliore à l’époque des Cent Fleurs, ce qui lui permet de réaliser une comédie pleine d’optimisme, Avec le Vent en poupe (1957), et La Légende de Lu Ban (1958), son dernier chef-d’œuvre. En 1960, il réalise la mise en scène d’un opéra filmé moderne : Qin Niangzi, un film de propagande, qui n’a rien à voir avec le reste de œuvre.

Sun Yu et son fils Sun Dongguang

Les articles sur Sun Yu (sauf « La Rose sauvage ») ont été rédigés d’après l’ouvrage Le Cinéma chinois, Cinéma pluriel (éditions du Centre Pompidou), Paris 1985.


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